C’est à l’Est dans la province du Kivu qu’un groupe de rebelles (les M23) ont réussi à s’introduire et prendre Goma la capitale de cette province depuis le mardi 20 Novembre 2012. Cette situation crée des troubles dans tout le pays car de nombreux étudiants et femmes manifestent dans les rues des grandes villes (Kinshasa, Kisangani, etc.) Ces manifestations ont débouché plusieurs fois sur des violences et des morts (répression policière face aux rassemblements). La situation touche donc tout le pays qui est en effervescence. Depuis des années, des troubles perdurent dans cette région sans doute à cause de la présence de minerais rares indispensables à la fabrication de nos téléphones portables et autres produits basés sur l’électronique.
(Lire pour plus d’informations « les minerais de sang » de Christophe Boltanski, journaliste du Nouvel Observateur)
Depuis le 20 Novembre, la ville de Goma est tombée entre les mains des rebelles (le M23) qui ont plusieurs revendications et demandent à ce que Kabila soit débouté de son mandat présidentiel car ils l'accusent d'avoir truqué les élections. Ils ont annoncé clairement leur intention d'arriver jusqu'à Kinshasa pour renverser le pouvoir en place. kivu
La population à Goma est prise en otage et sort le moins possible. Les gens véhiculés se font arracher leurs voitures et les rebelles prennent aussi les maisons pour en faire leur QG. Il n'y a pas d'eau ni de courant. Il faut acheter son eau qui devient de plus en plus rare. Les denrées de base sont devenues très chères. Des milliers de personnes ont fui la ville et se retrouvent dans des camps de réfugiés vivant dans des conditions dramatiques avec un vrai risque de choléra. Des civils et autres militaires profitent de la situation pour effectuer des pillages pendant la nuit.
Des négociations ont été entreprises avec les rebelles du M23 et il leur a été demandé par les chefs d’Etat de la région des grands lacs de déplacer leurs forces militaires à 20 km de Goma. Leur retrait prévu le vendredi 30 Novembre n’est pas encore effectif et semble très timide. Le chef des rebelles exige des preuves de la bonne volonté du gouvernement en posant des conditions multiples auxquelles il sera certainement difficile de répondre. Il exige que les forces congolaises, les FARDC ne reviennent pas en ville et que Goma soit sous administration politique et administrative du M23 et enfin que le mouvement puisse maintenir une centaine d’hommes à l’aéroport. Des forces de police congolaise sont arrivées pour sécuriser la ville pendant le retrait des troupes rebelles. Mais pour l’instant, ils sont encore massés au port dans l’attente de leur déploiement en ville.
La situation est donc très précaire.
La population est prise en otage et reste fortement en danger.